Guerre en Ukraine : Stellantis ferme son usine en Russie
Depuis le début du conflit, l’usine de Kaluga en Russie était déjà en activité réduite à cause des difficultés à s’approvisionner en pièces détachées. La pénurie combinée aux sanctions commerciales occidentales contre Moscou a finalement décidé le groupe Stellantis à fermer les portes de son unique usine russe.
Sommaire
Une pénurie mondiale en composants électroniques
La guerre en Ukraine a déjà impacté nombre de sociétés en Europe et dans le monde. Une des craintes principales dans le secteur automobile est une augmentation inévitable des prix à cause de la pénurie mondiale actuelle en composants électroniques et des problèmes liés à la logistique, l’Ukraine étant comme la Russie tous deux de grands exportateurs.
Le respect des sanctions commerciales contre la Russie
Le groupe Stellantis, issu de la fusion du groupe PSA et Fiat Chrysler, vient d’annoncer la future fermeture de son principal site de production russe situé à Kaluga dans le centre de la Russie (sud-ouest de Moscou). Les 2700 salariés du site ont étés mis en chômage technique ou en congés jusqu’au début du mois de juin. Le renforcement des mesures prises contre Moscou jour après jour et les difficultés logistiques ont conduit Stellantis à suspendre son activité afin de protéger ses salariés et respecter l’ensemble des sanctions croisées.
Depuis début mars déjà, le groupe Stellantis avait pris la décision de suspendre toute importation ou exportation à destination ou en provenance du continent russe. Le Directeur Général, Carlos Tavares, avait alors déclaré En temps de paix comme en temps de guerre, c’est le pouvoir politique qui décide et nous avons l’obligation de nous conformer aux décisions prises
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La production transférée vers la France et l’Angleterre
L’usine de Kaluga, que le groupe possède à 70% en partenariat avec Mitsubishi depuis 2010, produit essentiellement des véhicules utilitaires. La production (11 000 véhicules en 2021) représente une petite quantité à l’échelle de la production mondiale (2 millions) et sera donc facilement absorbée par d’autres usines en France ou au Royaume-Uni. Financièrement, cela représente 20 à 30 millions d’euros de bénéfice pour le groupe, rien à voir avec son concurrent Renault qui détient 21% de parts de marché en Russie.
Stellantis comptait sur le site de production russe pour alimenter le marché européen en utilitaires légers. Désormais, à cause de la guerre en Ukraine, c’est sur le territoire français à Hordain et anglais à Luton que la production de camionnettes Peugeot, Citroën et Opel sera assurée.

Une stratégie légèrement contrariée sur le long terme
Même si à court terme, l’impact de l’arrêt de la production en Russie s’annonce minime, à plus long terme, la guerre en Ukraine vient contrecarrer les plans du constructeur automobile qui pensait faire de Kaluga un site majeur pour ses exportations à destination de l’Occident. La haute qualité de l’assemblage russe et l’efficacité de la production sont les facteurs décisifs qui ont permis à l’usine de remporter l’appel d’offres pour la fourniture de véhicules du segment LCV (véhicules utilitaires)
, affirmait Xavier Dushman, responsable de la région Eurasie, en janvier dernier.
L’usine russe de Kaluga devait aussi commencer d’ici la fin de l’année 2022 à assembler des boîtes de vitesse manuelles ainsi qu’un modèle de Fiat Scudo pour l’export. Il semble bien que cette stratégie soit partie remise. De nouveaux investissements en Russie ne sont pas sur la table
confirmait Carlos Tavares en mars dernier.

Je m’appelle Antoine, et ça fait plus de 5 ans que j’écris pour Mister-Auto. Passionné d’automobile, je vous partage quotidiennement des conseils concrets, des tutos simples et des avis sur les meilleurs produits.